Juillet 2019

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La nature, acteur central de la ville méditerranéenne durable.

 

1. Une conjugaison de mutations :

  • Augmentation de la population (500 millions aujourd’hui, 540 millions en 2050 ?),
  • Augmentation de l’urbanisation de la démographie méditerranéenne,
  • Augmentation de la littoralisation de cette population et de son habitat,
  • Augmentation de la taille et de l’empreinte des territoires urbains (métropoles)

 

Ces mutations interagissent entre elles sur l’un des pires hot spots environnementaux au monde :

  • Climat (réchauffement),
  • Eau : répartition inégale (2/3 de la population méditerranéenne vit au Sud, alors que les 2/3 des réserves d’eau sont au Nord), pollution, surexploitation et épuisement des nappes phréatiques, etc…
  • Biodiversité menacée sur terre et sur mer,
  • Terres arables en recul,
  • Déforestation,
  • Une mer petite, fermée et surexploitée.

 

Conséquences :

  • Extension constante des territoires bâtis (artificialisation et stérilisation des sols, allongement des lignes de mobilité et de transport, recul de la biodiversité),
  • Déchets,
  • Pression de plus en plus forte sur le Nexus eau-alimentation-énergie et dérèglement croissant du métabolisme urbain,
  • Multiplication des ilots de chaleur,
  • Augmentation de la pollution de l’air et de l’eau avec des risques de santé publique,
  • Multiplication des incendies et des inondations.

 

2. Un changement de logiciel s’impose.

Une correction de trajectoire indispensable et urgente, mais ralentie par de nombreux obstacles :

  • Situation géopolitique en Méditerranée (d’autres enjeux, d’autres priorités, morcellement, conflits, faiblesse des coopérations régionales, quasi inexistence des coopérations entre collectivités territoriales du Sud, fragilité des gouvernances locales, etc…),
  • Disparités de développement économique,
  • Des engagements internationaux qui ne sont pas respectés (ODD, COP21),
  • Insuffisante implication de l’UE (spécificité des enjeux urbains et territoriaux en Méditerranée insuffisamment pris en compte),
  • Des moyens financiers qui ne sont pas mobilisés à la hauteur des enjeux,
  • Manque de véritable engagement des autorités politiques (le temps politique n’est pas le temps long de la Nature, ni celui de l’urgence de la dégradation de celle-ci).

 

Les solutions existent parmi lesquelles, et en bonne place, la nature en ville et les Solutions Fondées sur la Nature :

  • Développer les corridors verts (exemple de Nice),
  • Reconquérir les zones humides et réhabiliter les rivières urbaines (exemple de Medelin ou de Marseille avec les Aygalades),
  • Développer la biodiversité,
  • Attaquer les ilots de chaleur pour les convertir en ilots de fraicheur,
  • Préserver les espaces verts, accroitre les espaces naturels (exemple des projets de plantations d’arbres à Bordeaux et Paris) aménager des trames vertes, végétaliser le bâti,
  • Construire des ceintures vertes (exemple de Tirana et de Vitoria au Pays Basque),
  • Développer les espaces naturels dans les zones périphériques,
  • Développer l’agriculture urbaine (exemple de Barcelone sur le Llobregat),
  • Assurer la continuité terre-mer : frange littorale et ligne de côte, relation territoire urbain et territoire portuaire,
  • L’eau (économie, gestion, traitement, acheminement et distribution, etc…),
  • Les déchets (vaste sujet),
  • Réinventer une économie urbaine respectueuse de l’environnement (économie circulaire, économie de partage, nouveaux circuits économiques avec la réintroduction des commerces dans les villes),
  • Assurer, sur le littoral, le continuum environnemental ville verte et bleue,
  • Assurer sur le littoral, la gestion des flux touristiques.

 

Comment faire ?

  • Une révolution culturelle, des responsables et autorités politiques au premier chef,
  • Une nouvelle approche de la gouvernance urbaine : travail collectif des autorités (tous niveaux), avec la société civile, les citoyens, les experts, des secteurs public et privé. Sans doute anecdotique à ce stade, l’expérience de charte qui préside à la construction, à l’organisation et au fonctionnement de la cité de Ksar Tafilelt (Sud algérien), n’en est pas moins un exemple dont s’inspirer,
  • Inventer une autre gouvernance et sortir des zones de confort de chacun, au profit de l’intelligence collective, du projet partagé, et du travail transversal,
  • Concevoir la nature en ville à l’échelle métropolitaine, conjuguer les différentes fonctionnalités de la ville avec la prise en compte de la nature (construire la ville en fonction de la nature et pas le contraire),
  • Réinventer l’urbanisme en faisant en sorte qu’au 21ème siècle l’urbaniste en chef ne soit plus la voiture comme ce fut le cas au 20ème siècle.
  • Information et formation (cadres, élus et tout au long du cycle éducatif),
  • Elargir les interfaces entre bien public et bien commun,
  • Coopération internationale au niveau local : ceinture des métropoles méditerranéennes « vertes », polléniser les bonnes pratiques vers les villes « littorales » riveraines de l’espace Sahélo-Saharien. Les citadins des villes du Sud de la Méditerranée vivent dans des conditions environnementales et climatiques qui seront les nôtres dans 20-30 ans…

 

Etendre le périmètre de l’intelligence collective en la reconnectant sur la nature :

  • Parce que la nature est intelligente,
  • Parce que nous en faisons nous-même partie.

 

Bernard VALERO