L’alimentation durable, au cœur des priorités de France urbaine : bilan et perspectives pour la rentrée

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Etude sur les systèmes alimentaires locaux pendant la crise, réunion du groupe « Stratégies alimentaires territoriales », échanges autour de la feuille de route de France urbaine lors du dernier Conseil d’administration de France urbaine, en présence de la Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault…  Le thème de l’alimentation durable s’est progressivement imposé jusqu’à devenir un des sujets prioritaires de la rentrée à venir.

Retour sur les principales étapes qui ont marqué la mobilisation de France urbaine ces dernières semaines.
 

L’alimentation, une thématique qui s’est progressivement imposée au sein des grandes villes et des intercommunalités

Soutenue par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, France urbaine a lancé, en 2017, ses premiers travaux sur le thème de l’agriculture et de l’alimentation. L’urbanisation, la démographie, la raréfaction des ressources, les scandales sanitaires, les nouvelles attentes citoyennes sont autant de facteurs qui ont progressivement suscités des interrogations sur le système alimentaire actuel.  Conscientes des enjeux en présence, les grandes villes et intercommunalités françaises se mobilisent depuis plusieurs années en repensant leurs stratégies alimentaires locales et en soutenant des projets innovants sur leurs territoires qui participent directement à l’émergence de nouveaux modèles de production et de consommation alimentaire, au plus près des territoires.

 

A l’issue d’une première publication intitulée « Villes, agriculture et alimentation : expériences françaises », à laquelle 36 grandes villes et  intercommunalités se sont impliquées, il est apparu essentiel aux élus et techniciens membres de France urbaine de poursuivre leurs travaux sur le sujet à travers la mise en place d’un groupe dédié intitulé «  Stratégies alimentaires territoriales ». 

 

Quatre axes de travail ont été arrêtés à cette occasion :

  • Le partage d’information et d’expériences entre membres ;
  • La défense des intérêts des collectivités dans le cadre de l’élaboration des normes nationales et européennes, via l’organisation d’auditions parlementaires ;
  • La valorisation des actions des collectivités urbaines à l’international ;
  • La construction d’un plaidoyer, en lien avec l’ensemble des acteurs concernés, en faveur des territoires sur la scène internationale, comme ce fût le cas à l’occasion du 10ème Forum urbain mondial à l’occasion duquel France urbaine et RESOLIS ont coordonné les travaux du groupe « Agriculture et alimentation ». La publication du livret « Agriculture et alimentation » a ainsi permis d’élaborer collectivement les positions portées par la délégation française.

 

En 2018, 75 membres de France urbaine s’engageaient à utiliser tous les leviers à leur disposition pour promouvoir une « Transition en faveur d’une alimentation durable, responsable et solidaire », notamment en luttant contre la précarité alimentaire en milieu urbain.  Le thème de la précarité alimentaire a, dans ce cadre, fait l’objet d’une étude réalisée par France urbaine et RESOLIS « Les villes face aux défis de la précarité alimentaire », en janvier 2020, afin de recenser les dispositifs permettant de « garantir à chacun l’accès, financièrement et géographiquement, à une alimentation saine et en quantité suffisante, tout en veillant à la durabilité des conditions de la production alimentaire ».
 

Une étude qui recense les dispositifs mis en place pendant la crise sanitaire

Disponible en français et en anglais, la dernière étude réalisée par France urbaine et ses partenaires, Terres en villes et RESOLIS, « Villes et alimentation en période de pandémie : expériences françaises » marque une étape déterminante  dans la prise en compte des questions d’alimentation dans le débat public.
En effet, le Covid-19 a créé en quelques semaines une situation inédite. La fermeture des établissements d’enseignement, des commerces non indispensables, les mesures de confinement, la fermeture des marchés ou encore la pénurie de main d’œuvre dans la production agricole ont mis le système alimentaire sous tension. Les acteurs locaux ont dû s’adapter à un contexte très évolutif. Dans ce cadre, les grandes villes et les intercommunalités, soucieuses de garantir l’accès d’un très grand nombre de consommateurs à l’alimentation, ont dû proposer en urgence des solutions d’approvisionnement permettant de remplacer les segments des circuits affectés par les décisions sanitaires, tout en renforçant les actions de solidarité à l’égard des publics fragilisés.

 

Les villes et leurs intercommunalités sont restées attentives à tous les consommateurs ainsi qu’aux producteurs locaux en difficulté, avec le souci de maintenir en vie une économie alimentaire permettant à tous de trouver à s’approvisionner. L’engagement et la créativité des acteurs du système alimentaire pendant cette crise ont été déterminants. En effet, les villes, en collaboration avec tous les acteurs des territoires intercommunaux, ont joué un rôle de coordination et d’animation, mais aussi d’actrices directes, lorsque le besoin le demandait. Grâce à cette capacité à agir en urgence de manière coordonnée et volontaire, elles ont évité le risque majeur de pénurie, qui aurait entrainé un affolement des consommateurs, comme les premières réactions ont pu le laisser craindre.


De la multiplicité et de la diversité des initiatives prises par les villes, nous avons cherché à tirer des enseignements de portée générale, qui pourront donner corps, dans un second temps, à des recommandations.  Retour sur les principaux enseignements de la crise en matière d’alimentation :

  • L’action menée dans l’urgence ne doit pas contredire les besoins durables de transition et de résilience du système alimentaire ;
  • La réussite d’une action urbaine dans le domaine alimentaire nécessite un mouvement et une organisation collective, à savoir une « Alliance des territoires » et une synergie entre acteurs du système alimentaire ;
  • Des évolutions majeures sont en cours dans les modes agro-écologique de production agricole, dans des mutations liées au numériques et dans les comportements alimentaires ;
  • Enfin, la mobilisation citoyenne est nécessaire aux grandes transformations du système alimentaire pour qu’celles-ci soient réussies et démocratiques.

 

Une mobilisation importante lors de la dernière réunion du groupe « Stratégie alimentaires »

La présentation de l’étude « Villes et alimentation en période de pandémie : expériences françaises » a été l’occasion de réunir plus de 70 participants lors de la réunion du 3 juin 2020, organisée en partenariat avec Terres en villes et RESOLIS.
A l’issue de la présentation de l’étude, de la méthodologie ainsi que de la stratégie de diffusion, les participants ont pu échanger sur les premiers enseignements à retenir ainsi que sur les prochaines étapes de notre mobilisation collective.
Présentation de la Stratégie européenne « De la ferme à la table », financement des projets alimentaires et mobilisation des fonds européens, structuration de la distribution mise en place de nouveaux circuits logistiques, gestion du foncier agricole, menace d’un recul de la question environnementale, nouvelles habitudes de consommation, rôle de la grande et moyenne distribution pour favoriser les circuits courts…  Les chantiers à venir sont très nombreux. Ils feront l’objet d’une nouvelle feuille de route à partir de la rentrée. 


Un échange fructueux en présence de la Ministre en charge des collectivités territoriales

La mobilisation politique, sur le thème de l’alimentation, s’avère essentielle. Il s’agit notamment de porter un message politique fort, ces prochains mois, sur la nécessité d’accélérer le mouvement de transition vers une alimentation durable, en lien avec les territoires.
En ce sens, le dernier Conseil d’administration de France urbaine avant le renouvellement des équipes municipales, a permis de faire un point d’étape entre les élus et la Ministre en charge de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales le 10 juin.


Une chose est sûre : la crise sanitaire a renforcé la conviction des villes d’accélérer la transition de leurs systèmes alimentaires. Elle a aussi mis en évidence la nécessité d’éviter les dépendances et les vulnérabilités de ces systèmes et de promouvoir ainsi leur résilience. Enfin, elles ont pris conscience de l’importance de l’effort de solidarité à l’égard des nouveaux publics fragilisés et paupérisés par la crise.


Transition, résilience et solidarité, trois objectifs qui se déclinent dans une dynamique collective, grâce à une Alliance des territoires et à une synergie des acteurs locaux.  Dans ce cadre, un enrichissement de la déclaration de décembre 2018 que France urbaine paraîtrait opportune au sortir de la phase aigüe de cette crise. En complément des axes de travail développés, France urbaine s’attachera, à travers le groupe projet « Stratégies alimentaires territoriales », à :

  • Appuyer les efforts de ses collectivités membres en faveur de systèmes alimentaires territoriaux plus résilients, plus solidaires et d’une accélération de leur transition vers une alimentation durable, responsable et solidaire ;
  • Œuvrer en faveur d’une meilleure reconnaissance des systèmes alimentaires locaux auprès des décideurs et des institutions nationales et européennes, notamment dans le cadre de l’élaboration des grandes stratégies et du cadre législatif et réglementaire en matière d’alimentation ;
  • Assurer le financement de la mise en place des systèmes alimentaires territoriaux avec une approche inter-territoriale (urbain- péri-urbain-rural) et dans une démarche partenariale avec l’ensemble des acteurs locaux, par exemple via un volet financier accompagnant la mise en place d’un projet alimentaire territorial (PAT), ou encore via la mobilisation des fonds structurels européens ;
  • Renforcer et multiplier les actions de plaidoyer et promouvoir les projets de coopération décentralisée favorisant la transition alimentaire.

Source : site internet de France Urbaine