Série n°2 sur les métropoles méditerranéennes : "Métropoles nourricières ou prédatrices ?"

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La métropolisation apparait comme un phénomène mondial qui provoque un débat clivant. Les uns louent les effets d’entrainement d’une métropole internationalisée sur son hinterland immédiat et plus largement sur le pays, les autres dénoncent le caractère prédateur des métropoles qui en captant l’ensemble des dynamiques et des moyens appauvrissent les territoires voisins. En terme d’aménagement du territoire national, la question d’une stratégie de concentration métropolitaine versus un rééquilibrage territorial se pose tandis que les printemps arabes tout autant que le Brexit montrent la puissance d’une revendication sociale hors des classes créatives métropolitaines.

 

Pour le groupe (1), il ne s’agit pas de pointer du doigt le fait métropolitain mais de questionner les « registres métropolitains » qui dépendent des modèles nationaux et régionaux. Au plan national, le défi métropolitain est de maximiser la redistribution par les flux-revenus de transfert et financement du développement. Au plan local, le dépassement d’une relation asymétrique entre le centre et la périphérie passe par la capacité qu’auront les acteurs métropolitains à bouleverser les hiérarchies urbaines traditionnelles pour imaginer de nouvelles complémentarités entre les territoires de ville-centre, villes moyennes et villages, tous métropolitains. La négociation doit alors se faire autour d’un projet commun au-delà de la simple redistribution et dans une dimension multi-institutionnelle dominée par le trio Région, Métropole, Commune.

 

Et les citoyens, comment perçoivent-ils cette question ? La métropolisation leur ouvre de nouvelles capacités d’accès à des offres d’emplois, de formation, de culture, de loisirs et dans le même temps, elle exacerbe les concurrences. Là encore, rien n’est univoque. Tout dépendra, en premier lieu de la valeur ajoutée qu’offriront les métropoles en termes de services collectifs par rapport aux politiques jusque-là territorialement fragmentées. Plus globalement, une métropole devient nourricière lorsqu’elle construit un récit collectif qui permet d’assembler population et territoires dans une dynamique commune, de mettre en synergie les actions des uns et des autres et sûrement de faire la preuve d’économies de moyens au sens large, financiers bien sûr, mais aussi de ressources naturelles et environnementales. Gageons que les citoyens y seront sensibles !

 

(1) Le groupe de travail a réuni  autour de l’équipe AVITEM, Antoine Loubière, Rédacteur en chef de la revue Urbanisme, Carles Llop, Architecte-Urbaniste- grand prix européen de l’urbanisme, Daniel Behar, Géographe, Directeur de la coopérative Acadie, professeur à l’institut d’urbanisme de Paris, Amine Benaissa, Architecte-Urbaniste consultant, professeur à la Sorbonne, Gilles Berhault, Fondation des Transitions  et Directeur Général de la Maison Méditerranéenne du Climat, Adèle Dauxais, anciennement Chargée de Projet au Pôle Formation, AVITEM et Simon Goutner, Chef de projets pédagogiques, AFD.

Marie Baduel